Stories, by Nicolas Jouanno — Le rendez-vous des retours d'expérience inspirants et motivants. —
Je n'ai pas besoin de compétition pour m'entraîner

#Sport #Coach #Personal-growth

Je n'ai pas besoin de compétition pour m'entraîner

Salut,

Depuis 10 ans, je ne compte plus le nombre de personnes qui, au détour d’un couloir ou autour d’un verre, ont voulu me faire accrocher, à nouveau, un dossard. Si la flatterie n’a jamais marché pour me lancer ce nouveau défi sportif, c’est parce que je ne ressent plus le besoin de me confronter aux autres. C’est aussi parce que l’a carotte du classement n’a aucun effet sur ma motivation.

Je parle souvent de la motivation nécessaire pour s’entrainer. Du besoin d’inspiration pour se motiver. Les compétitions sont une sorte de coup de pied au cul que les sportifs aiment se mettre pour s’affirmer en tant sportif. Elles ont longtemps été ma source de motivation. Ce qui m’a amené à perdre le sens de ce que je faisais. Réalisant des sorties en mode robot. Jusqu’au jour où j’ai ressentit ce sentiment en compétition.

Il est difficile pour un sportif de ne pas se perdre en route, je pense. Ce moment de déconnection que l’on recherche tous en faisant du sport. Cet instant pendant lequel notre cerveau se met en pause avec toutes cette endorphine présente dans les muscles, apportée par notre effort. Nos limites que nous ne cessons de repousser, ces limites que nous ignorons en compétition. Et pourtant, il faut savoir les conserver pour ne pas se mettre en danger. Un homme sage un jour m’a dit: “Que serait un sauteur à la perche sans barre à sauter?”

C’est après avoir rendu mon dernier dossard, que je me suis lancé un nouveau défi: Apprendre à surfer. Ce jour-là, la compétition prenait une nouvelle dimension, devenait plus abstraite. Je ne pouvais plus me battre contre un adversaire, car celui-ci était de toute façon bien plus fort que moi: l’Océan, bref la Nature.

On perçoit le surf comme un sport cool, relax et sans risque (enfin, vous comprenez en Bretagne il n’y pas de requin !). On se dit même que c’est “facile”. Alors, sans trop me poser de question, j’ai acheté ma première planche avant même de m’y être essayé. Comme appelé par l’océan, un défi qui dépasse des rêves d’enfant. Bref, un défi qui sonne même d’avantage comme un caprice d’enfant. Mais un défi en réponse parfaite à mon envie de changer d’air après ces heures passées dans les chemins et sur la route.

Rien que d’y penser ça me fait rire, car je m’étais juré ne plus me prendre la tête pour le sport à la fin de mon contrat professionnel. Pourtant, en commençant à surfer c’est bien ce que j’ai fait! Mon égo de sportif, trop gonflé, me permettait de flotter sur l’eau des heures durant. Me relevant et retournant vers le large après chaque mousse qui me balayait. J’avais deux options, me contenter d’être un buveur d’écume, ou m’entraîner encore. Comme finalement “ne rien lâcher” (dixit Philippe Etchebest”)fait partie de mon tempérament, vous vous doutez que j’ai persisté.

Il me fallait m’entraîner, pratiquer le surf! Mais ça ne suffisait pas pour progresser rapidement, du moins aussi rapidement que ce que je souhaitais. Si j’avais le cardio et la respiration, je n’avais ni équilibre, ni puissance dans le haut du corps. Le surf est finalement un sport complet, je n’en avais pas encore pris la mesure avant. Finalement, en bon célibataire à l’époque je m’étais aussi dit que ce serait plus “swag” pour draguer de surfer que de dire que je faisais du vélo.

L’entraînement du cycliste est finalement mono-sport en comparaison du surf. Entre les périodes où il n’y a pas de vague et l’emploi du temps qui ne correspond pas forcément pour sortir une planche, ce n’est pas un sport aussi simple à pratiquer que le vélo ou la course à pied. Alors, pour surfer, je me suis diversifié. Et je me suis ouvert à de nouveau sport non pas pour me lancer de nouveaux défis sportifs, mais bien pour prendre un maximum de plaisir durant chacune de mes sessions de surf. Je me suis même surpris à réaliser autant d’heure de sport que lorsque j’étais en élite 2. Faire dix à douze heures de sport finalement je connaissais si bien, alors ça ne me surprenait pas. Mais ce qui me surprenait c’est que là où avant, je passais par des entraînements en “mode fantômes”, pour m’éviter les remords d’un entrainement non réalisé. Maintenant avec le surf, aucun entrainement qu’il soit en vélo, en course à pied, en musculation, en skateboard ne connaissait ce phénomène.

Vous me direz, mais pourquoi se donner autant de mal pour ne pas se confronter lors d’une compétition. Sûrement parce que mon adversaire n’a pas Facebook, il n’existe pas. Sûrement aussi parce que je ne gagne jamais. Seulement parce qu’à chaque session de surf, mon objectif est de “vivre cette vague qui fait cette session”. Sûrement aussi parce que ce sport m’a fait grandir en tant que sportif là où j’ai pu me laisser aller en tant que cycliste. Sûrement aussi parce que le surf à cette culture du free surf, cet état d’esprit qui starifie tout autant les surfeurs qui font de la compétition que ceux qui font des vidéos. D’ailleurs, je dois dire que ce sport était finalement en avance sur son temps. Car si l’on retrouve de plus cet état d’esprit de l’influenceur, le surfeur l’était déjà. Il s’avait bien avant d’autre sportif utiliser les mécaniques de contenue, bien sûr aider par une discipline visuelle et tout le mouvement culturel qui existe autour du surf. Vous savez de quoi je parle? Mais si, ce truc qui a fait vendre à Quiksilver d’avantage de t-shirt que levis ne vendait de jeans dans les années 2000.

Alors non je n’ai pas besoin de compétition pour m’entraîner car j’ai trouvé l’adversaire qui ne dort jamais!

Bonne route !

- Nicolas

Nicolas Jouanno
Nicolas Jouanno Chef de projet web-marketing @izir.fr (ex-cycliste professionnel) - Quand je ne suis pas avec ma famille, je passe mon temps à faire du sport, photographier, blogger, coder, apprendre ...