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Et si on parlais de souvenirs de courses sur Paris-Tours ?

Et si on parlais de souvenirs de courses sur Paris-Tours ?
Salut,

aujourd’hui, je vais vous parler de quelques souvenirs que m’évoquent le mois d’octobre. Plus que de belles couleurs , des coucher de soleil et des châtaignes qui ornent les routes, voici quelques souvenirs au coeur du peloton.

Au programme :

Paris-Tours Espoirs le rituel de fin de saison

Paris-tours restera mon dernier souvenir de cycliste amateur. Avec ces 179Kms de l’édition 2008 et une quantité innombrable de longues et larges lignes droites, Paris-Tours est, pour les amateurs comme les professionnel, le dernier rendez-vous de la saison. Comme un point final, la dernière chance de briller, c’est avant tout la dernière opportunité offrete à quelque 180 chanceux d’avoir la confiance de leur équipe.

J’ai porté à plusieurs reprises le maillot de la sélection espoir bretonne. Mais le championnat de France espoir 2009 et cette édition de Paris-Tours espoir 2008 font partie de mes meilleurs souvenirs de cycliste. Je ne parlerais pas de “coureur”, pour moi synonyme de compétition pour la simple raison que je ne vais pas vous donner le retour sur l’adrénaline d’une victoire et autres prouesses sportives. Je vais plutôt vous parler du frisson de se laisser porter par la masse sur ces magnifiques routes tourangelles.

La dernière semaine d’entainement

Dernière course veut aussi dire derniers entraînements. En amateur, je totalisais quelques cent jours de courses par saison. Privilégiant toujours les jours de courses et la récupération à l’entrainement structuré et minuté. Seulement voilà, en fin de saison, les coureurs se faisant rares les courses le sont tout autant. Elles sont espacées d’une semaine pleine comme en début de saison, mais voilà la motivation n’est plus la même. La peau porte encore les marques de la chaleur de l’été. La tête vainc comme elle peut la lassitude musculaire. Il faut encore mobiliser toutes les ressources musculaires et mentales pour retourner au charbon.

Cette dernière semaine de la saison à toujours eu un goût bizarre. Avec un fond de nostalgie, on sait que l’on effectue nos derniers tours de roues entre amis, enfin ceux qui ne sont pas déjà aux pieds de la cheminée. Avec le souvenir de ces moments pendant lesquels on parlait de nos petits bobos, de nos joies et de nos interrogations. Pour beaucoup on parle encore de merkato, le choix du club de l’année prochaine, de l’entrainement, parfois déjà du matériel. Cette dernière course sera donc l’affaire de l’homme qui se sera le moins démobilisé.

Alors on commence cette dernière semaine d’entrainement. On prend le vélo, on longe la côte, on évite les bosses (ça fait trop mal aux jambes), s’il pleut on fait de l’home-trainer, s’il vente on roule lentement. Oui mais une petite voix revient, disant: “ho là gamin, à Paris-tours ça roule à 45Km/h de moyene, il faut remettre en route, tu dormiras après !”.

Du coup, le mercredi on roule, des pensées on en a pleins la tête, alors on peut rouler longtemps, très longtemps ! Puis on débranche, chacun à sa façon, derrière voiture, scooter, on se concentre. On ne lâche pas le parchoc et on roule vite, très vite ! Car si l’organisme est endormi en fin de saison, comme une pré-hibernation, il n’en reste pas moins puissant fort de tous ces kilomètres déjà avalés à vive allure cette saison. On regarde le compteur, 40, 50, 60Km/h, jusqu’à 80Km/h (derrière voiture on roule vraiment très vite !). On surveille le seuil, si en début de saison on ne montre pas nos faiblesses et réalisons nos exercices au seuil au-dessus même de ce seuil. En fin de saison, on gueule ! On gueule quand ça va trop vite, on gueule quand il y a des à-coups !

Le jeudi, on n’oublie pas que c’est la dernière séance de côte de la saison. Cette fameuse côte, si soigneusement choisis pour qu’elle soit à une distance raisonnable du domicile, dur, longue, mais pas trop et l’aimer suffisamment pour y souffrir si régulièrement. On l’a déjà monté (et déscendue) de si nombreuses fois. Ce jeudi, on ne travail plus l’explosivité, on l’entretien ! Vous me direz où est la limite entre le travail et l’entretien? Je dois vous dire que je cherche encore ! Car ce jeudi, on se remet dans sa bulle de compétiteur, on se fait quand même un peu mal aux cannes. Il est temps ! C’est quand même sous un maillot de sélection qu’elle se fait cette dernière course, sur les centaines de coureurs bretons, j’ai quand même la chance de faire partie du groupe des 5 composé de moi, Lebars, Le Bellec, Pichon, Poulizac et Y. David (forfait) , entre privilégiés et survivants des pièges de la saison.

Le vendredi, on prépare le sac de course avec un rituel bien rôdé. On commence par les chaussures en vérifiant que les cales sont encore bonnes. On ajoute une paire de chaussette, les jambières, un cuissard et un maillot pour rouler la veille, des manchettes au cas où le soleil ne se lève pas dans le centre^de la France. Casque, gants, lunettes viendrons composer le paquetage. On vérifie à deux fois qu’il y a assez d’épingles pour les deux dossards de l’épreuve. On respire un grand coup et on ferme le sac !

Le lendemain, samedi, veille de cours, on retrouve l’équipe à Rennes pour effectuer les 5h de routes qui nous sépare de l’hôtel. Je crois me souvenir que cette année là nous étions tous des “puceaux” de Paris-Tour. L’ambiance qui régnait dans le camion était très studieuse comme endormie par la pression. Arrivée à l’hôtel on sort les vélos pour quelques tours de roues, on se débloque, on fait quelques pancartes, chacun à sa sauce. Puis vient la douche, le repas un dernier festin de pâtes sans beurre à la “sauce” huile d’olive saupoudrées de levure de bière. Une bonne nuit de sommeil lancera les dés de ce dernier jour de compétition.

La dernière de la saison

Pour la dernière fois de la saison, en prend les épingles et on fixe solidement les dossards sur le maillot. La pression monte encore d’un cran. La fin de saison c’est un peu la loterie, soit on profite d’une belle journée d’arrière saison, soit on a une journée “tempête”, une semaine avant nous faisions Paris-Conneré sous une pluie battante. Par chance le soleil est annoncé pour ce dernier jour de fête.

On charge les vélos sur les voitures pour se rendre sur la zone de départ. Commence alors un dernier briefing de la saison, sans pression. Heureusement, l’ampleur de l’événement et nos ambitions personnelles, nous la mette déjà suffisamment. On part en équipe à l’émergement traversant un fin brouillard qui masque encore le soleil. Et on profite de quelques salutations avec les autres concurrents pour échanger quelques informations coupées de blagues potaches et légères. De retour à la voiture, on rempli les poches de ravitaillement, genre vraiment vraiment beaucoup, il y a 179Km au programme, ce serait dommage de finir sur un fringale!

Puis vient l’appel des coureurs, annonciateur du départ fictif. Comme une dernière parade pour les 180 partants. Les hommes en forme de la fin de saison, on les connait, on les surveil, mais ils portent un masque impénétrable. Paris-Tour c’est aussi beaucoup de pression pour une partie d’entre nous. Les effectifs des équipes professionnelles se clôture. Certains peuvent encore changer l’histoire, faire un exploit. Paris-Tours c’est aussi ça, cette part de rêve de vivre un jour la vie de coureur cycliste professionnelle. Ceux-là même qui vont franchir cette même ligne d’arrivé, tracée sur l’avenue de Grammont, quelques minutes après nous.

Le départ est donné. Place aux célèbres lignes droites, si grande et si large qu’il “suffit” de vouloir se faire mal aux jambes pour remonter ce peloton inarretable lancé à vive allure. Progressivement le soleil montre son nez, pour avoir un grand soleil d’automne au ravitaillement, en haut d’un faux plat au milieu des champs de maïs coupés quelques jours auparavant. La course peine à dessiner alors même que le peloton traverse ça et là la Loire et longe les maisons troglodytes.

Les vingt derniers kilomètres passent à une vitesse folle. On arrive vite aux trois kilomêtres cent de ligne droite de la mythique avenue de Grammont, sont entamés à un rythme effréné, en frottant j’ai la chance de me trouver dans le premier quart du peloton et de passer la ligne en trente-sixième place sans encombre. La course, elle, est gagné par Tony Gallopin avec deux minutes vingt-trois d’avance sur le peloton. Devant Romain Zingle et Julien Fourchard, un autre breton sous le maillot de Côtes d’Armor-Marie Morin.

Une porte se tourne sur la saison 2008. J’ai rendez-vous dans quelques jours à Lanion pour signer mon premier contrat pro avec l’équipe Bretagne-Schuller. Ponctuant ainsi les mois de stages passés avec l’équipe en cette fin de saison. Mettant aussi un point final à mes études. Me tournant vers de nouveaux défis sportifs mais aussi humains. Débutant un véritable parcours initiatique dans le monde des “grands”.

Bonne route !

- Nicolas

Nicolas Jouanno
Nicolas Jouanno Chef de projet web-marketing @izir.fr (ex-cycliste professionnel) - Quand je ne suis pas avec ma famille, je passe mon temps à faire du sport, photographier, blogger, coder, apprendre ...